Michaela on the WEB

Mes écrits...

22 mai 2007

La Triologie des Gobelins

«

La Trilogie

des Gobelins » vous présente un univers bien particulier et personnel qui peu à peu se met en place et promet peut-être de découvrir et de retrouver encore plein d’autres aventures du peuple Gobelin.

 

« Il était une fois un arbre magique dans lequel vivaient de minuscules petits lutins qu’on appelait les Gobelins farineux. Depuis déjà deux millénaires, ils s’épanouissaient et prospéraient, heureux, libres et paisibles dans leur petit royaume de Croulebarbe […] »

 

LA TRILOGIE

DES

GOBELINS

Par Michaëla Degui

 

 

A tous les Gobelins du monde entier…

Un grand merci à Vivien, Giliane et Sabino qui ont cru en moi…

 

 

M.D.

 
Les Gobelins Farineux……………………..……..p 4

 

 

Les Gobelins Sableux……………………………..p 15

 

 

Les Gobelins goudronneux……………………….p 26

 

 

 

Les Gobelins Farineux

 

 

 

Il était une fois un arbre magique dans lequel vivaient de minuscules petits lutins qu’on appelait les Gobelins farineux. Depuis déjà deux millénaires, ils s’épanouissaient et prospéraient, heureux, libres et paisibles dans leur petit royaume de Croulebarbe. Les Gobelins étaient des petits êtres constitués simplement d’eau et de farine. De ce fait, ils se nourrissaient essentiellement d’eau pure et de minéraux. Pour subvenir à leur besoin, ils partaient tous en rang (les Gobelins étaient très disciplinés) deux par deux en file indienne, avec des sceaux à la main, afin de récolter assez de liquide pour les prochaines semaines à venir. Ils réitéraient cette quête vers

la Bièvre

tous les 1er du mois de Juillère (mois de juillet dans le langage des Gobelins). Le chef des Gobelins farineux était un vieux Patriarche du nom de Grundor, il était très gentil et très souple avec son peuple. Malgré tout, il pouvait parfois être très exigeant si ses sujets manquaient à leurs devoirs. Grundor avait un fils, qui avait lui-même une fille du nom d’Elfira. Le fils de Grundor cherchait à marier son Elfira qui, trop timide et trop craintive, essuyait chagrins d’amour sur chagrins d’amour, et n’arrivait pas à trouver chaussure à son pied. Elfira était une Gobeline (ainsi nommait-on les femelles Gobelins) très belle et très gentille à l’image de sa feue mère. Elle avait une couleur blanche transparente et un teint lumineux que toutes les autres Gobelines lui enviaient. Ses yeux était en forme de paillettes, ses cheveux bleues turquoises et ses oreilles étaient très longues et très pointues (signe extérieur de beauté chez les Gobelins farineux). Le seul problème était qu’Elfira était très sensible et de santé trop fragile. Un beau jour, sa constitution commençait à faiblir et son corps à se ramollir, l’eau qu’elle buvait par quantité ne suffisait plus à la renforcer. Cependant, le sort s’acharna, d’autres Gobelins et Gobelines commençaient à se sentir pâteux et faibles. De ce fait, le roi Grundor convoqua les troupes d’urgence, et les missions de la récolte de liquide furent doublées, car l’eau manquait et les Gobelins étaient de faible consistance. Ainsi, les premières troupes partirent en quête de liquide vers

la Bièvre

, mais rien n’y faisait. L’eau était consommée en abondance et les Gobelins étaient tous plus faibles les uns que les autres. Les missions furent alors triplées, quadriplées… mais toujours rien n’y faisait. C’était devenu la guerre pour une goutte d’eau.

- Rend moi mon sceau d’eau !

- Non, c’est le mien !!

- Pousse toi !

(Voici à peu près quelles étaient les conversations des Gobelins durant cette période).

L’eau fut dès lors rationnée afin qu’elle soit répartie entre eux en part égale. L’épidémie gagna malheureusement du terrain, certains Gobelins moururent…d’abord les plus vieux, puis les plus jeunes. Le peuple était en alerte. Grundor fit alors une réunion de tous les Gobelins et confia au sorcier du village un échantillon de liquide à analyser.

Lors d’une autre réunion au sommet présidé par Grundor (il y en eut beaucoup car aucune solution n’était viable), Elfira avait insisté pour être présente. Elle fut donc escortée par des gardes royaux jusqu’aux locaux où se tenait le conseil. Durant le chemin, tout le peuple était descendu dans la rue pour la saluer. Derrière un arbre, un petit Gobelin la regardait avec grand respect mais aussi avec délectation. Il admirait son port de tête, ses magnifiques et longs cheveux, sa grande beauté inégalable. Soudain, il reçut une pierre sur la tête et vit deux Gobelins garnements s’enfuir en criant :

- T’es si petit qu’elle te voit pas ! T’es si petit qu’elle te voit pas !

Le petit Gobelin se sentit rougir de honte et rougir de colère. Il s’en alla la tête baissée.

 

Deux semaines passèrent, encore bien d’autres Gobelins périrent, ramollis…car sans eau la farine dont il était constitué n’était pas solide et sans solidité les Gobelins mouraient aplatis, tous mous… Elfira était aux portes de la mort, agonisante. Son état peinait fortement sa famille ainsi que le peuple, qui voyait en elle une future reine. Par un beau matin d’été, le sorcier tira ses conclusions, l’eau de

la Bièvre

était polluée ce qui détruisait peu à peu le peuple Gobelin. Ce fût alors la panique générale : 

- Nous allons tous mourir … dit un Gobelin

- C’est la faute des humains, ils détruisent la planète ! cria une Gobeline

- C’est l’apocalypse ! dit un autre

- Dieu nous punit !

- Qu’allons nous faire !

 

 Grundor, qui était un chef optimiste, lança des troupes à travers le pays pour trouver de l’eau potable, mais hélas ses hommes amoindris ne pouvaient pas aller bien loin, et même les plus vaillants ne trouvaient point d’eau non-polluée. Tout contribuait à cette pollution : gaz toxiques, détritus en tous genres, épidémies… Alors, devant l’abattement général et cette démotivation, Grundor eu une idée : « celui qui, parmi vous tous, arrivera à faire en sorte que l’eau ne soit plus polluée épousera Elfira et deviendra Roi de Croulebarbe. »

Etonné, le peuple se dispersa.

Tous les jeunes Gobelins (secrètement amoureux de la belle Elfira) partirent en quête d’une solution, mais rien à faire, le temps passait, beaucoup de Gobelins disparurent, périrent…et Elfira était désormais entre la vie et la mort.

Quand un beau jour, un Gobelin vint voir Grundor :

- Grand chef tout puissant, j’ai votre solution

Grundor le regarda avec un large sourire.

- Ah, mon brave rentre donc chez toi et soutiens ta famille, elle en aura besoin…

Le Gobelin qui s’adressait au roi était très petit, tout ramolli et n’avait pas l’air très vaillant. Il s’appelait Pilbus Creitu Froplon de Lacre mais tout le monde le surnommait « Pilbus Cactus » car son nez était si pointu qu’on aurait pu s’y piquer…

- Grand Grundor, quand je reviendrai tout le peuple sera sauvé et j’épouserai Elfira.

- Bien, Pilbus, bien…marmonna Grundor (sans se préoccuper de lui).

Pilbus partit. Bien résolu à sauver son peuple. Il rentra chez lui, prépara son baluchon et salua sa famille. Personne ne le prit au sérieux.

 

Son frère lui dit :

- A tout’ « Pilbus Cactus »

Sa sœur lui conseilla :

- N’oublie pas ton biberon, tu risquerais de t’aplatir !

Son autre sœur :

- Que la force soit avec toi …jedi Pilbus (les Gobelins étaient des fans de

La Guerre

des Gobelins)

Sa mère laissa tout de même échapper une larme, et son père cria, tout en ricanant :

- Si Pilbus devient roi, qu’une queue de ragondin nain me pousse dans la seconde !

 

Pilbus quitta ainsi l’arbre magique de Croulebarbe. Il traversa des routes, des flaques d’eau, des flaques d’huile, évita des excréments canins, des détritus (tout prend une réelle ampleur quand on la taille d’un Gobelin et qu’en plus on est petit !).

- Sauve-qui-peut ! une araignée géante

-  Je n’ai pas peur… je suis le plus fort… se répétait Pilbus.

 

Pilbus vit enfin la nuit tomber. Il était seul, il avait froid, il avait peur. A vrai dire il n’avait aucune idée en tête mais comme jamais personne n’avait cru en lui il voulait leur prouver à tous qu’ils avaient tort et qu’ils s’étaient mépris. Pilbus avait toujours été le plus petit, le dernier de la famille, le gentil et brave Pilbus que personne ne voyait. Pourtant, lui le savait, il épouserait Elfira et deviendrait Roi de Croulebarbe !

Dès le lendemain matin, Pilbus repris son chemin. Il avait déjà dépassé le niveau de

la Bièvre

quand il se retrouva au bord de la grande route. Impossible de traverser, ni d’aller plus loin, aucun Gobelin n’avait jamais franchi cette ligne dite « la ligne de la mort ». Pilbus s’avançât, une voiture passa et lui envoya un souffle qui le précipita contre la vitrine d’un magasin. Il fut tout écrasé, mais il se remit vite. Soudain, il eut une idée. Il allait prendre le métro ! Si personne ne l’avait jamais fait non plus, lui, il le ferait : le premier Gobelin farineux à prendre le métro ! Arrivé péniblement au bord des quais du métro, il choisit de passer la nuit dans la station, bien caché. Il croisa un cafard sur sa route :

- Oh, oh ! Un Gobelin dans le tromé !!

- Oui je suis bien un Gobelin ça t’étonne !

- Que fais-tu là, l’ami ?

- Je vais prendre le métro demain dès l’aube…

- Ah oui ? Et comment vas-tu t’y prendre ? Le temps que tu sautes la porte se sera déjà refermée sur toi pauvre idiot !

Le cafard reprit sa route car il entendit des pas. Pilbus s’empressa d’aller se tapir dans un recoin.

Il était encore tôt car un grand bruit éveilla Pilbus. Le métro arrivait. Il analysa les métros pendant de longues heures, comment allait-il faire…il ne pouvait certainement pas sauter, il était trop petit, puis il se décida. Il s’agrippa aux mollets d’une vieille dame qui s’apprêtait à monter (vu la taille d’un Gobelin, la vieille dame ne pouvait le sentir s’aggriper). Pilbus retint son souffle. Enfin, il était à l’intérieur du métro. Il réitéra la même mise en scène pour en sortir. Pilbus descendit à « Saint-Marcel ».

Pilbus avait devant lui plusieurs sorties et ne savait pas laquelle emprunter. Il sauta du mollet du jeune cadre supérieur sur lequel il avait élu domicile, mais c’était l’heure de pointe, le pauvre Gobelin se retrouva pris au piège dans la foule ascendante, descendante, oppressante…Il était totalement perdu. Il évita un pied, deux pieds, une béquille… Pilbus ne pouvait même plus respirer, une odeur nauséabonde le saisit et il se mit à tousser de plein poumons jusqu’au moment où il évita de justesse un gros tube incandescent, un mégot de cigarette, au mois trois fois plus grand que lui, tombée à sa droite.

- Je croyais qu’il était interdit de fumer dans les lieux publics ! pensa t-il écoeuré…

Pilbus se ressaisit, il se retrouva malencontreusement sur un escalator, un véritable objet de torture pour lui. Il se hissa comme il le put sur la main courante et termina son parcours projeté dans les airs. Il allait au final atterrir sur une chaussure pointue, où là il fut à nouveau éjecté contre une poubelle. A cela, il fut tour à tour trimbalé dans un sac de « Vite » (les Gobelins ont le droit de citer les marques), où il manqua de se noyer dans un croca-cola light lemon. Sa peau farineuse commença également à se dissoudre, ses menues mains à faire des bulles comme une aspire dans un verre d’eau. Il était effervescent, mais il fut sauf. Jusqu’au moment où il faillit congeler au contact des glaçons, bien que sa constitution en fut consolidée ; puis il s’embourba dans un chewing-gum ; atterrit sur un i-pod ; dans le chapeau d’un mendiant ; sur l’épaule d’un supporter de football… Pilbus n’en pouvait plus… mais au loin il vit la lumière du jour et continua sa route jusqu’à sa rédemption.

 Il mis précisément deux jours pour sortir de la rame (heureusement qu’il n’était pas descendu à « Châtelet les Halles »), il manqua de se faire écraser plusieurs fois mais le plus important c’est qu’il y était arrivé.

Quand il sortit dehors, il pleuvait, un vrai régal pour lui (les Gobelins adorent la pluie), il se dirigea vers l’hôpital de

la Pitié

Salpêtrière.

Il parcourut les nombreux recoins et autres labyrinthes sinueux qui s’offraient à lui. Il atteint au bout de quelques heures, complètement épuisé le laboratoire. Par manque de chance, il tomba dans une fiole remplie d’une eau verdâtre. Il tenta de se maintenir à la surface quand tout à coup il y parvint. La potion de la fiole contenait un liquide indéfini qui le rendit surhumain ou plutôt « surgobelin ».

Que contenait donc cette fiole à laquelle il avait survécu en acquerrant une force extraordinaire ? Pilbus se cacha derrière un microscope et tendit son oreille pointue. Une laborantine était au téléphone :

- oui, oui, exactement ce que j’ai fait. J’ai mélangé des épinards et de la sueur de requin cloné mais ça ne marche pas !

- Non, je t’assure doc.

- Rien pas un biceps, pas un muscle, rien.

- Ca ne marche que sur Popeye !

Pilbus se mit à rire, et dans sa tête, il se dit :

- Sur Popeye et sur les Gobelins !

Il poussa un gloussement de rire, il riait tellement qu’il s’en tenait les côtes, si bien qu’il fit tomber un tube à essai qui traînait à sa gauche. La laborantine, qui avait raccroché, se retourna et le vit.

- Mon dieu ! s’écria t-elle

Quelqu’un ouvrit la porte. Pilbus paniqua.

- Qu’y a-t-il docteur Carter (« oui » comme dans la série Urgence mais c’est pas le même !), je vous ai entendu crier de l’autre bout du couloir.

- J’aurais juger avoir aperçu une espèce de…

- Une espèce de quoi ?

- De pâte à gâteau mouvante, une sorte de …je crois que j’ai vraiment besoin de vacances !

Pendant ce temps, Pilbus en profita pour se sauver de cette pièce. Il déboula dans la réserve du laboratoire qui était presque déserte. Il y vit plein de fioles et médicaments en tous genres… Une grande cage avec des gros rats blancs, les yeux rouges, écarquillés, et l’air complètement défoncés, retint son attention. Ils répétaient en chœur :

- Je le vaux bien, Je le vaux bien, Je le vaux bien !!!

 

Pilbus chercha désespérément un produit susceptible de rendre la pollution inactive, mais il était partit à l’aventure et ne savait pas vraiment où chercher, que chercher, en plus il ne savait pas lire. La partie était perdue d’avance. Comme prévu, il ne trouva rien. Il prit alors le chemin du retour, Pilbus avait renoncé. Il pensait qu’il allait errer dans les rues le reste de sa vie, car jamais il ne subirait l’humiliation de rentrer chez lui bredouille. Sur sa route, tout triste, il croisa un Gobelins…

- Quoi ?! Comment ?! Mais les Gobelins ne vivent que dans l’arbre magique ! s’exclama Pilbus.

- Non, je fais parti des Gobelins « sableux » ! cria un minuscule Gobelin à l’image de Pilbus mais plus jaune.

- Et comment faites vous pour vous nourrir avec toute cette pollution ? Toi aussi tu es en quête ?

- Non ! Nous nous ne buvons plus d’eau mais du vin…

- Et comment faites-vous pour vous en procurer ?

- Rien de plus facile ! Nous cultivons des raisins microscopiques depuis des générations et nous ne risquons pas d’être en manque. Vous êtes un peuple sous-développé ou quoi … !?

- Peut-être…mais quoiqu’il en soit, il me faut de l’eau non-polluée pour que mon peuple soit sauf…

- Pour cela va voir la sorcière de la rue Bouffetard, un conte dit qu’elle est mauvaise mais c’est faux, elle te donnera « l’étincelle glaciale » et tu pourras survivre avec les tiens. Elle nous a été d’un grand secours il y a fort longtemps. Mais, attention ne te fis pas à ses apparences farfelues…elle est très gentille.

Au passage, il lui tendit un petit paquet. Puis lui dit :

- Bonne route Gobelin.

- Adieu Gobelin et merci

 

Grâce à sa force surhumaine le Gobelin Pilbus marcha très vite mais les effets de la potion commencèrent à s’atténuer peu à peu. Arrivé à la rue Bouffetard, il eu de la chance et tomba nez à nez ou plutôt nez à pied sur la sorcière qui faisait son marché. Pilbus était dans un état d’extase. Il se voyait déjà de retour dans l’arbre magique, accueilli par un haie de Gobelins, mariée avec l’amour de sa vie, Elfira, et roi de Croulebarbe, le héros qui sauva le peuple de la déchéance… Comme la sorcière ne le voyait pas, il lui pinça l’orteil en hurlant de toutes ses forces.

- aieeeeeeeeeee, c’est quoi c’delire là

- Eh ! Oh ! M’dame la sorcière !

- Quoi, qui…qui me parle… ??

Elle balançait le pied et Pilbus s’y accrochait de toutes es forces pour ne pas tomber…

-  Eh ! Oh ! M’dame la sorcière !

- Un Gobelin ! Nom d’une pipe en bois !

- Mais, tu es un farineux !

- Je m’appelle P… Pilbus Creitu Froplon de Lacre et je vous demande de l’aide au nom du royaume de Grundor.

 

Pendant ce temps là, dans l’arbre magique c’était assez triste, la situation empirait, de plus en plus de Gobelins succombaient, plus personne ne faisait d’effort, et Elfira souffrait. Le roi lui-même commençait à s’affaiblir. Ils avaient tous oublié Pilbus pensant qu’il était mort. D’ailleurs, seule sa mère en était très très en peine, si bien qu’elle ne s’alimentait même plus en minéraux.

 

Revenons plutôt à la discussion entre notre Pilbus et la sorcière.

La sorcière répondit à Pilbus :

- On t’a parlé de « l’étincelle glaciale » ?

- Oui

- Je ne veux pas te la donner

- Pourquoi ?

- Parce que tout le monde me prend pour une méchante sorcière et c’est pas vrai, alors je boude.

- Quoi ?

- Oui, et puis, qu’est-ce que tu veux moi aussi j’ai mon petit caractère. Veux pas.

- Mais…

- Y’a pas de « mais ». Veux pas.

Elle se mit à rire grassement.

- Je rigole petit Gobelin

- Pilbus ! dit Pilbus énervé

- Je vais t’aider à récolter « l’étincelle glaciale » mais pour cela tu dois d’abord trouver l’antidote.

- J’ai bien du mal  à vous suivre…

- Je peux obtenir des nuages de « l’étincelle froide » mais tu connais la différence entre « froide » et « glaciale » Pilbus ?

- Plus froid que froid

- Oui, comme dans la publicité…À cause du réchauffement de la planète, je ne peux plus obtenir directement de« l’étincelle glaciale ».

A ces mots, tous les espoirs ne Pilbus étaient vain… « l’étincelle Glaciale » n’existait plus…son peuple ne pourrait pas survivre…adieu Elfira…adieu…adieu les Gobelins farineux.

Quand soudain, la sorcière reprit :

- J’ai besoin d’un antidote pour reconstituer l’étincelle artificiellement. Pour cela tu dois encore franchir un dernier obstacle. Ce ne sera pas simple… Si tu résous l’énigme, tu trouveras l’antidote. Malheureusement, avec ma vieille mémoire je ne connais plus la réponse. Il y a Cent cinquante j’aurais pu t’éviter ça… Bon… bon la voici :

Elle sortit un vieux parchemin de sa poche décousue.

«  Jaune et lumineuse, elle nous donne… »

- Euh…non pardon ce n’est pas celle-là…

Elle sortit un autre parchemin.

- Voilà …

«  Au fond de la rue, lève les yeux au ciel et suit la croix vert et lumineuse »

Oui, voilà un truc comme ça, je n’ai pas mis mes lunettes…

- Dès que je trouve l’antidote je viendrai vous trouver !

- C’est bien Gobelin Pilbus, je t’attendrais, mais méfie-toi ! La route est longue et parsemer d’embûches…

Pilbus partit en courant, l’espoir de résoudre l’énigme, mais il ne la comprenait pas. Il avait beau se la répéter dans sa tête.

«  Au fond de la rue, lève les yeux au ciel et suit la croix vert et lumineuse »

La croix ?? Quoi ? Quelle croix ??

Il parcoura la rue en long, en large et en travers. Il leva si souvent les yeux au ciel qu’il en avait le mal de mer. Pilbus n’avait plus rien à boire, ni à manger. Son ventre était vide, il titubait, n’avait rien avalé depuis deux jours pleins… Il commençait à s’effriter de toutes parts. Tout à coup, il se mit à hurler, il disparut…un vélo venait de lui rouler dessus. Pilbus n’était plus qu’une crêpe étalée sur le goudron. Il était comme mort. Du moins, il crut qu’il était mort. Puis, il ouvrit un œil, un deuxième…son nez semblait cassé, mais il pu se remettre en forme. Il chancela jusqu’à une bouche d’égout, il s’assit et leva les yeux au ciel.

- Une croix verte et lumineuse ! s’écria t-il

Il voulut se relever mais il n’y parvint pas. Il avait trop de mal à bouger. Il se saisit alors d’un morceau d’allumette qui traînait par terre, s’en servit de canne, et marcha jusqu’à la croix. Au dessus, il était inscrit : « pharmacie » (je traduis car Pilbus ne sait toujours pas lire)

Il entra (un son retentit) et il entendit des voix :

- Janine ! Ca a sonné ! Va voir…

- Quoi ?!

- La porte !

- Mais…y’a personne ?!

L’autre femme s’approcha à son tour.

- Ah, oui…c’est curieux ?

Au bout d’un certain temps, Pilbus réussit à se hisser sur le comptoir, essoufflé. Quand il vit un animal tel un gros chat botté se ruer sur lui. Il tenta alors se sauver, puis de se coller au sol, mais l’animal le pourchassait toujours. C’était fini. Cette fois, il n’y échapperait pas… Le chat se jeta sur Pilbus, lui arracha un bout d’épaule, et avant qu’il ne lui ait dévoré tout son minuscule petit corps, la pharmacienne arriva.

- Pugsley, vilain chat, laisse donc la souris !

- Je ne suis pas une souris ! hurla Pilbus avec le peu de voix qu’il lui restait, à demi-mort, mais pourtant très en colère.

- Je suis un Gobelin farineux et je viens chercher l’antidote.

Pilbus réussit à se faire entendre de la pharmacienne et il lui conta ses aventures…La pharmacienne comprit de quoi il était question. Elle la connaissait bien la sorcière de la rue Bouffetard, une petite clocharde qui se faisait appelait ainsi et dont le vrai non était mauricette. La pharmacienne alla chercher quelque produit dans la pièce d’à côté et revint avec un gel anti-bactérien tout minuscule, et le tendit à Pilbus.

- « de l’eau écarlate » dit-elle

- Comment ? dit Pilbus « O-E-KAR-LA-TE ».

Il comprit en deux temps, trois mouvement les mécanismes de la lecture !

- C’est pour toi.

A ce moment là, Mauricette entra, enfin …la sorcière de la rue Bouffetard entra.

- Et bien…ça y est je me suis souvenu de l’énigme…dit la sorcière.

- Vous n’auriez pas pu y penser plus tôt ! dit Pilbus, à qui il manquait un bout d’épaule, une jambe et dont le nez était cassé.

La pharmacienne prit alors Pilbus entre ses mains et le pétrit tel de la pâte à pain.

- Aieeeeeeeeeeeeeeee….aiiiiiiiiiiiiiiiiieeeeeeeeeee..ouhhhhhhhhhhhhhhhhye… gémissait-il

Elle le refaçonna complètement, Pilbus reprit forme et tout rentra dans l’ordre. « L’étincelle froide » allait pouvoir devenir « glaciale », mais encore fallait-il aller la chercher.

 

La sorcière pris son balai et attrapa Pilbus de ses doigts crochus, elle le posa sur sa tête. Ils s’envolèrent tous les deux. Du haut du ciel il voyait tout en petit, arrivés vers un nuage la sorcière baraguina une formule incompréhensible, et l’instant d’après tendit une fiole à Pilbus.

- Tiens Pilbus, voilà « l’étincelle glaciale ». Avec ton peuple crée un lac artificiel et dépose y une goutte, ainsi, la pollution disparaîtra à jamais de votre royaume. Garde précieusement cette fiole au cas où un jour quelqu’un d’autre en aurait besoin à son tour.

- Je te dépose chez toi ? Pilbus hésite, tout timide, la grosse fiole à main.

- Dépêche toi ! dit la sorcière, j’ai pas qu’ça à faire.

Il fit « oui » de la tête. La Sorcière le déposa à Croulebarbe. Il la remercia bien.

 

Arrivé sur le balai magique tout le monde fut ameuté dans le village. Pilbus fut accueilli en héros. Avant toutes choses, les Gobelins se mirent tous au travail. Ils creusèrent un trou immense et y versèrent toute leur quantité et provision d’eau en y ajoutant « l’étincelle glaciale ». Les ingénieurs Gobelins confectionnèrent une pompe. Le lac artificiel était enfin crée. L’eau polluée devint alors saine. Elle était pure et transparente et surtout potable et non-polluée jusqu’à la fin des temps. Les Gobelins pouvaient même s’y baigner l’été quand ils avaient trop chaud, ou y patiner l’hiver à condition de ne pas obstruer le robinet d’eau. Pilbus raconta toute son histoire et ses péripéties, le grand sorcier transcrivit même son récit dans le grimoire des légendes d’antan. Pilbus était dans l’Histoire. Ce fut la fête pendant des semaines, tous les Gobelins avait retrouvé leur équilibre et ils étaient à nouveau heureux, unis et prospères. Pilbus, qui avait ramener un échantillon de vin offert gentiment par le
Gobelin « sableux », put également soumettre le projet de cultiver des vignes miniatures (les Gobelins avaient grandement apprécié la chose). Leur peuple était donc sur le point de se développer. Par la suite, comme l’avait promis Grundor, Pilbus Creitu froplon de Lacre aujourd’hui surnommé « le grand Pilbus » épousa Elfira qui fut vite guérie et elle tomba folle amoureuse de lui, donnant naissance à plein de petits Pilbus. Pilbus devint donc Roi de Croulebarbe, et dans la seconde qui suivit son père eu une belle queue de ragondin nain qui lui poussa…

 

Moralité : Il n’y en a pas ! Ou à vous de la trouver…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Gobelins Sableux

 

 

 Il était une fois un peuple de Gobelins rares et très paisibles…un peuple très évolué et qui était formé de trois colonies distinctes : les Gobelins Sableux (et non « Sablonneux »). Essentiellement constitués de liquide et de milliers de grains de sable, ils se nourrissaient uniquement d’eau salée à l’origine. Les Sableux étaient aujourd’hui, grâce à leurs ancêtres qui avaient trouvé de l’aide auprès de la Sorcière de rue Bouffetard, aptes à ingurgiter pour leur résistance, de l’alcool sous différentes formes. On trouvait les Sableux de Trouville, les Normands, qui vivaient sous les planches et se composaient d’eau salée et de cidre ; les Sableux de Paris, qui eux, fonctionnaient uniquement grâce à leur culture de vigne de « vinasse » en tout genre, on les retrouvait la majeure partie du temps dans les égouts parisiens, et souvent l’été sur les quais de

la Seine

, à Paris-plage…Enfin, les Sableux de Frontignan-plage qui vivaient sous des rochers et qui, en plus de l’eau salée, affectionnaient particulièrement le Muscat (vin blanc sucré), récupéré par la culture de vignes microscopiques. Ils étaient tous cousins et très pacifistes. L’histoire dont il est question ici va nous plonger dans l’univers des Sableux de Frontignan-plage … Abrités sous leur rocher proche de la mer et entourés d’une plage très belle et peu touristique, les Sableux prospéraient ainsi depuis de nombreuses années sans jamais avoir été confrontés à de réels problèmes d’ordre général. Depuis le milieu des années 80, le roi de la « Roche Submarine » (ainsi s’appelait leur royaume), du nom de Posekilom, était à la tête d’une monarchie paradoxalement démocratique (Posekilom avait été élu à l’unanimité des Sableux). Tous les Gobelins le respectaient car il était très sérieux et aux petits soins de tous les Gobelins Sableux. Sa fille, du moins, la fille de sa fille (Posekilom n’avait jamais eu de fils donc pas de véritable descendance), Lune de son vrai nom Lune Huama Ela Gobensis Belle de Sableusia, était la plus belle et la plus courageuse de toutes les Gobelines du royaume. Son seul problème : elle était un peu Gobeline-manquée. Elle jouait au Gobfoot (elle avait même été élu ballonGob d’Or en 2004), elle ne portait jamais de robe (ou très peu) et était secrètement amoureuse d’un petit Gobelin qui s’appelait Harpon, un Sableux très mignon mais très froussard, qui avait peur de l’eau (étrange pour un Gobelin Sableux). Le Commerce de raisins microscopiques à l’origine de la fabrication du Muscat Gobelin de Frontignan était en plein expansion, tous les Gobelins étaient travailleurs et ils ne connaissaient pas le chômage (contrairement au Sableux parisiens). Tout allait donc très bien, au mieux dans le meilleur des mondes …quand un jour, Posekilom tomba gravement malade…

 Les Sableux ne savaient plus que faire pour guérir leur Roi… peu à peu d’autres Gobelins Sableux furent prit de la même maladie. Les symptômes de cette maladie, qui était d’origine faussement virale, se manifestaient par un gonflement des Gobelins, ils devenaient très gros et tout ronds, leur teint à la base très jaunâtre virait au blanc … Les premiers Gobelins à être infectés étaient les plus vieux, mais au fur et à mesure, le faux virus touchait les plus jeunes, les femmes et même un enfant Sableux en mourut. Il n’y avait également plus aucune naissance depuis déjà quelques temps, toutes les Gobelines qui pondaient des œufs (la reproduction des Gobelins était entre celle des oiseaux et des mammifères, soit très particulière) n’arrivaient plus à couver leur miniGob… Plus de naissance, plus de vie, plus de Sableux…Ce fut alors la panique générale. Le Professeur Sableux avait nommé ce virus « la maladie de RosswellGobelins »… Il passa des journées entières, des nuits complètes à trouver un antidote et à essayer d’en déterminer la cause. Un beau jour, un article paru dans le Gobelin’s Times : « la maladie de RosswellGobelins »  serait due à une suralimentation en sucre contenu dans le Muscat, la compensation en sel de mer n’étant plus équivalente, la dégénérescence des Gobelins et, à terme, leur extinction était envisageable, voire inévitable. En fait, les Gobelins étaient en train de devenir Sucreux …mais sans y parvenir réellement, donc ils allaient tous périr… Le Professeur Sableux, qui ne voulait pas paniquer tout le peuple, comprit qu’une fuite avait été faite par son apprenti Gobelin, Crapulus, qu’il licencia sur le Sable ! Pour se défendre, ce dernier dit :

- De toute façon nous allons tous périr ! Alors que je me transforme en coquillage poilu si nous n’y laissons pas tous la vie !

Le Professeur Sableux le fit sortir à coup de patte aux fesses…

Ce qu’avait oublié de dire Crapulus, et qui n’avait donc pas été mentionné dans le journal, c’est que le Professeur Sableux avait peut-être trouvé un espoir : «

la Fleur

de Sel » évoquée dans un ancien grimoire du Grand Gobelin Sorcier…mais rien n’était sûr, rien n’était fait, il en toucha un mot à la famille royale.

 

 Par une belle matinée d’été, Lune rassembla tout le peuple Gobelin, elle en avait le droit, étant une descendante directe de Posekilom.

- Ecoutez-moi tous …Voilà, étant la petit fille de Posekilom, je me dois d’assurer la survie de mon peuple…ma mère étant de santé fragile…J’ai décidé de partir en quête de

la Fleur

de Sel qui serait un antidote possible à « la maladie de RosswellGobelins » selon les dires du Professeur Sableux.

Les Sableux, tous réunis, se mirent à faire un brouhaha étonnant. Lune reprit :

- Rassurez-vous je ne partirai pas seule…un Gobelin m’accompagnera. J’ai fait un choix. C’est Harpon qui se joindra à moi.

Le peuple se mit à rire ! Harpon, mais il a peur de l’eau !

- Non ! Ne riez pas tout ceci est très sérieux…Harpon viendra avec moi, c’est ma décision ! Nous ramènerons

la Fleur

de Sel  au plus vite à

la Roche Submarine.

Sur ce, merci à tous…et je l’espère … à bientôt. Gob save the Sableux !

- Gob save the Sableux ! dirent tous les Sableux en chœur.

Ils se mirent tout de même à applaudir le courage de Lune. Parmi eux, un Gobelin se sentit tout penaud…il avait peur…il ne comprenait pas ce qu’il se passait…c’était bien sûr Harpon.

 

  Dès le lendemain, Harpon gravit les marches rocheuses pour entrer dans le château. Lune, elle-même, vint l’accueillir. Harpon avait un grand sac à dos presque aussi grand que lui.

- Bonjour Harpon fit Lune (les joues un peu roses)

- Bonjour Mademoiselle Lune Huama Ela Gobensis Belle de Sableusia…

- Appelle-moi « Lune » tout simplement sinon on ne va pas s’en sortir.

Ils se sourirent. Lune prit ses affaires et ne manqua pas d’embrasser sa famille.

Sa mère et son grand-père (son père était en voyage d’affaire à Paris-Plage) lui souhaitèrent bonne route. Harpon et Lune sortirent du royaume, acclamés pas la foule. L’heure avait sonnée, ils ne pouvaient plus faire demi-tour…

 

 Leur route fut longue rien que pour traverser la plage afin de se rendre au port. Lune pensait qu’ils devaient embarquer sur un bateau pour entreprendre un voyage qui leur permettrait de trouver

la Fleur

de Sel au beau milieu de la mer… mais ceci n’était que suppositions… Ils se construisirent un château de sable pour y passer la nuit. Puis, ils reprirent leur route vers le port. Une fois arrivés, ils se demandaient quel bateau allaient-ils prendre et comment y accéder sans problèmes. Ils choisirent un vieux coucou. Ils grimpèrent à une corde par laquelle le bateau était amarré, puis parvinrent à y entrer.

- Que faisons-nous maintenant …dit Harpon angoissé.

- Je ne sais pas fit Lune…Attendons que le bateau parte en mer.

Cachés tour à tour sous différents petits objets… Ils se réfugièrent sous une bouée de sauvetage, puis Lune décida d’escalader le mât pour voir au loin. Elle grimpa très vite, mais glissa et retomba toute aplatie…Harpon la réconforta. Ce n’était rien, plus de peur que de mal. Il prit alors son courage à deux pattes, pour la première fois de sa vie, et réussit à se hisser tout en haut, il aperçut alors un bateau au large qui voguait.

- Là-bas !!!

- Allons-y !!!!

Puis, il glissa et, à l’image de Lune, se retrouva tout aplati. Ils éclatèrent de rire et prirent le temps de se remettre en forme.

- Un peu de Muscat ? dit Lune en lui tendant sa gourde.

- Oui, merci répondit Harpon un peu gêné.

 

Un crabe qui s’était échappé d’un sceau dont il était prisonnier s’approcha d’eux.

- Oh là… Qui êtes-vous !

Les deux Gobelins eurent très peur, le crabe était mille fois plus gros qu’eux…

- N’ayez pas peur créatures…Je ne vous veux aucun mal !

- Je…je suis Lune et voici Harpon, nous sommes des Gobelins Sableux.

- Des quoi ??... (le crabe fit la grimace) Enfin… moi, je m’appelle Krabic… Enchanté (il ne leur sera évidemment pas la pince !)

- Que faites-vous ici ? fit Lune

- Je me suis échappé pour éviter d’être farci ou de finir en « petit corayou » dit-il en ricanant… Et vous ?

- Nous voulons prendre le large et accéder à un bateau au loin, mais nous ne savons pas encore comment nous y prendre…

- Rien de plus simple … Grimpez sur mon dos. Accrochez-vous bien.

Les deux Sableux s’agrippèrent à Krabic. Celui-ci se jeta dans la mer… Harpon était sur le point de vomir, et Lune commençait à se dissoudre, car si l’eau est essentielle aux Gobelins, en trop grande quantité, elle leur est néfaste…Puis, Krabic s’enfonça dans le sable pour ressortir quelques mètres plus loin. Il remonta les flots (cette fois le jeune Gobelin Sableux vomit), escalada gauchement la coque, et laissa Harpon et Lune sur le pont d’un grand bateau. Krabic les salua rapidement car il devait rejoindre sa famille…

 Harpon et Lune sautèrent sur une éponge qui traînait et s’y dissimulèrent afin de reprendre leur souffle et d’analyser les lieux. Harpon décida de sortir pour atteindre un filet, il y parvint facilement. Quand soudain, il dut s’accrocher très fort aux mailles car il se retrouva suspendu dans les airs, puis projeté dans la mer… Pris de panique, Harpon ne pouvait plus respirer, il était absorbé par la mer, toujours accroché au filet, mais ses pattes commençaient à lâcher prise. Lune avait assisté à la scène, le capitaine Crochette lui-même avait lancé le filet dans la mer.

- Oh non ! Harpon va se noyer !

- Quelle horreur ! Nous sommes sur un vaisseau pirates !

Sous l’eau, Harpon lâcha prise, mais par chance, il fut gobé par un poisson clown. Le Capitaine Crochette remonta son filet, rempli de poissons divers…

- zzzzouizzzzzzzzzzzoui tels étaient les cris des poissons prisonniers.

- Quel beau festin pour ce soir !  meugla le capitaine qui laissa sa proie sur le pont, en s’en allant.

Le poisson clown qui s’étouffait, rejeta le Gobelin qu’il avait ingurgité. Harpon finit sa course soufflé dans une telline, qui le régurgita à son tour.

- Dégage toi ! pfeu ……..

Harpon fut enfin expulsé sur le sol, complètement lessivé. Luna le vit, soulagée. Harpon rampa jusqu’à elle. Quand un poisson prit la parole :

- Aidez-nous étranges personnages, aidez-nous…

- Comment faire ? fit Lune

- Tranchez les mailles du filet et grâce au poisson volant nous tenterons de rejoindre les flots…

- Zzzzouizzzzzzzzzzzoui zzzzouizzzzzzzzzzzoui zzzzouizzzzzzzzzzzoui

- Oki fen (Ok en vieux dialecte Sableux) dit Lune

Les deux Gobelins partirent en quête d’un objet tranchant. Harpon marcha jusqu’à la cabine du navire, discrètement, sans se faire écraser par les pirates. Quand il vit un coupe-ongle. Lune vint à sa rescousse et ils portèrent, non sans effort, le coupe-ongle jusqu’au filet où ils purent couper les mailles, tous les poissons furent libérés et leurs plongeons vers l’eau furent organisés par le poisson volant.

- Comment vous remercier ? dit le poisson qui leur avait demandé de l’aide.

- Sais-tu où trouver

la Fleur

de Sel ?

- Bien sûr ! Il  faut aller dans les marais salins.

- Quel cap prendre… ?

- C’est très loin, un dauphin de ma connaissance va vous y conduire, mais après vous devrez voguer seul jusqu’aux sables …

- C’est gentil.

Le poisson poussa un cri strident. Un dauphin accoura.

- Glouh ju ty flo marais salin ggu nnop

- No lom problm  fit le dauphin

Ils s’accrochèrent tous au poisson volant. Les deux poissons s’engouffrèrent dans la mer, et Harpon et Lune à l’aileron du Dauphin.

- Vous êtes prêts dit le dauphin

- Oui…………………………… !

- C’est parti !!!!!!!!!!!!!!!!

Au loin, ils entendirent :

- Où est mon festin ! Qui a volé ma pêche !!!!!! Rrrrrrrrrrrrrrrr (c’était le capitaine Crochette qui pestait.)

Ils arrivèrent après une longue route au plus près des marais salins. Le dauphin se sépara des deux Gobelins Sableux. A l’aide d’une bouteille de bière 1994 abandonnée sur les flots et d’un morceau de sac plastique qui polluait la mer, Harpon et Lune se construisirent un petit bateau, un vrai paquebot pour eux. Ils naviguèrent sur les flots jusqu’aux marais salins. Et, comble du comble, Harpon n’avait plus peur de l’eau désormais.

 

Lune et Harpon arrivèrent enfin dans le marais salin. Ils amarrèrent leur paquebot qu’ils avaient surnommé «

La Croisière Gobeline

» pour rigoler… A peine avaient-ils posé les pattes sur le sable qu’il furent emportés par la marée haute (heureusement qu’ils n’étaient pas en Bretagne !). Ils joignirent leurs pattes très fort et par je ne sais quel miracle, ils parvinrent à s’échapper en courant très très vite…Malheureusement, leur course ne fut pas longue, ils s’embourbèrent dans des sables mouvants. Ils étaient en train de s’enliser complètement quand un humain dont le lacet était défait passa par là.

- Saute ! cria Lune

- Je ne peux pas je suis totalement paralysé…

Luna s’agrippa au lacet et attrapa la patte d’Harpon, ils furent propulsés par le lacet comme s’ils étaient sur un jet ski. L’humain les traîna un peu plus loin quand ils décidèrent qu’ils pouvaient alors descendre. Ils continuèrent leur chemin gaiement, en s’arrêtant parfois pour se réalimenter en Muscat et en réserve d’eau salée. Tantôt, ils se protégeaient sous un coquillage, sous une coquille de moule, sous un couteau ou autre carcasse d’êtres marins…

 Cependant, après avoir fait une de leurs pauses habituelles, ils eurent la malchance de croiser une armée de lutins cannibales. Ces drôles de petits lutins étaient tous noirs et tous épineux tels des gros oursins de mer. Leurs oreilles étaient semblables à des clous et leurs pattes à des épées. Ils avaient aussi de longues dents qui traînaient presque par terre. Sous leurs épines, ils étaient constitués d’une substance visqueuse qui impressionnait et terrorisait tous les voyageurs qui croisaient leur chemin.

- Qui va là !

- Halte ! Voyageurs !

 Nos deux Sableux prirent leurs pattes à leur cou car les lutins, qui étaient deux fois plus grands qu’eux, portaient des armes et ne semblaient pas très sympathiques.

- Gardes ! A l’assaut !

A ces mots, des lutins monstrueux les prirent en chasse et ne firent pas trop d’efforts pour les attraper. Lune et Harpon furent capturés et mis en cage.

- Ce sera notre repas de fêtes pour demain ! dit le chef des lutins qui était le seul à porter une cape rouge.

Comme la nuit tombait, les lutins cannibales firent un feu de camp et dansèrent toute la nuit avant d’aller se coucher. Les Sableux étaient en retrait, emprisonnés et terrorisés.

- Harpon, nous allons mourir…

- Non Lune ! Ne t’inquiète pas nous allons nous échapper !

- Ce n’est pas possible…ils sont trop forts…

Lune se mit à pleurer, Harpon la prit dans ses bras…

- Tu sais Lune…

- Oui Harpon…

- Je…

- Tu…

- Je t’aime beaucoup…

- Moi aussi Harpon…je t’aime beaucoup.

Les deux Sableux s’embrassèrent (un véritable baiser de CinéGob). Ils passèrent une nuit formidable, inoubliable car elle serait leur dernière… Si vous voyez ce que je veux dire…

 Le lendemain matin, lorsque Lune et Harpon se réveillèrent, la tribu de lutins était au calme, tout le monde dormait encore, quand un bruit sourd retint leur attention… Mais rien… Le couple de Sableux avait très faim et ils commençaient à se ramollir car le chef de la tribu des lutins cannibales leur avait confisqué leur gourde de Muscat. Lune se mit à pleurer en se blottissant dans les petits bras d’Harpon. Quand tout à coup, une tête de lézard s’avança vers les barreaux de la cage…

- Ah !!cria Lune apeurée

- Chut…fit le lézard. Je viens vous délivrer …

Le lézard coupa les barreaux de la cage avec ses dents (c’était un lézard mutant). Harpon et Lune grimpèrent en vitesse sur son dos et ils cavalèrent tous trois à travers le marais.

- Attendez, faites demi-tour ! Nous n’avons plus notre gourde de Muscat…fit Lune.

- Nous en volerons à

la Coop

du coin, une petite épicerie … fit le lézard.

Une fois le danger évité, à quelques mètres de là, un des Gobelins prit la parole.

- Qui êtes-vous donc gentil lézard ? fit cordialement Harpon

- Le chef des Reptiliens mutants de Sète, ancienne tribu du dragon d’argent.

- Comment saviez-vous que nous étions prisonniers ?…

- Je passais par là quand j’ai vu que vous étiez enfermés…vous savez j’ai l’habitude de délivrer des prisonniers de ces terribles lutins …ils sont méchants et sans cœur. Il vaut mieux les éviter et vite les oublier !

- Merci … en tout cas vous nous avez sauvé la vie.

- Que venez-vous chercher ici, curieux personnages ?

- 

La Fleur

de Sel

- Décidément, la chance ne vous sourie guère… elle n’existe plus dit-il… La baleine des salins du midi est morte il y longtemps, seuls les humains la conserve industriellement c’est tout ce que je sais. Fuyez …

- Mais, nous ne pouvons pas rentrer sans elle, sinon notre peuple de Gobelins Sableux s’éteindra à jamais…

- S’en est ainsi Gobelins…Adieu ! Rentrez chez vous…c’est ce que vous avez de mieux à faire…

Le lézard s’en alla rejoindre son clan. Avant toutes choses, il leur indiqua où était la coop pour qu’ils prennent deux, trois gouttes de Muscat, dans une petite pochette que Lune avait conservée. Ils se saluèrent mutuellement. Les deux Gobelins allèrent à la coop, faire discrètement leur réapprovisionnement. Puis, Harpon et Lune, nos deux héros, continuèrent tristement leur chemin. Ils errèrent déçus mais amoureux…Ils cherchèrent une solution, mais en vain…

- La baleine ? Mais qui est-elle ? …Enfin industriellement ? Je ne comprends pas.

- Qu’allons-nous faire ?

- Rentrer…

- Non Lune ! Nous devons retrouver la production de cette industrie qui a décimé la baleine ! Marchons, marchons …nous trouverons ou nous périrons.

- On vit ensemble, on meurt ensemble.

Les deux Sableux marchèrent longtemps, puis ils se retrouvèrent sur une plage de nudiste. Ils virent de tout même un Gobelin Goudronneux qui sortait d’un mégot de cigarette qu’un vieil humain venait d’écraser sur le sable. A travers leur route, ce ne fut qu’embûches sur embûches : embourbés dans de la crème solaire, envolés sur un frisbee, écrasés sous des tongs, pris au piège dans un sandwich, huilés dans des chips…mais grâce à leur patience, leur courage et leur amour, ils vaincurent. Enfin, après avoir traversé maintes et maintes plages, ils parvinrent sur une plage très touristique…Harpon et Lune se dirigèrent d’abord vers de grands rochers où ils rencontrèrent des esques qui faisaient la teuf dans une boîte en carton.

- Salut les Sableux, on vous a reconnu !

- Comment pouvez-vous faire pareille fête alors que vous allez finir embrochés sur un hameçon ?

- Nous profitons de nos derniers instants…du mieux possible.

- C’est tragique dit Lune.

- Nous devrions en faire de même dit Harpon

Quand un pêcheur prit un Gobelin en guise d’appât… Harpon était pris au piège entre les deux gros doigts du pêcheur… Le pêcheur allait enfiler Harpon sur l’hameçon, puis lancer sa canne, quand soudain…

- Ça mord Georges ! Ça mord ! fit son collègue pêcheur.

- Ton autre canne ! Vite !

Le pêcheur lâcha la canne qu’il avait entre ses mains pour se diriger vers l’autre. Harpon resta accroché à la ligne par ses deux petites pattes toutes tremblantes…Lune vint à son secours. Elle le décrocha et en profita pour lui faire quelques massages pour le remodeler…Ensuite, ils décidèrent de rejoindre les dunes… Cependant, alors qu’ils traçaient paisiblement leur chemin, un enfant les attrapa et commença à faire des pâtés avec leur corps… puis, c’est ainsi qu’ils finirent tous déformés dans un sceau que le gamin ramena chez lui. Du sceau, on n’apercevait plus que leurs gros yeux globuleux (les Gobelins Sableux ont des très gros yeux pour compenser leur petite taille). Comme le sale gamin déposa le sceau avant d’aller se faire une immense tartine de Nuitilla, Harpon et Lune en profitèrent pour se dégager du sable et se firent la courte-patte pour parvenir à se hisser hors du sceau. Ils se mirent alors à courir pour se mettre à l’abri sous un grain de riz tombé du plan de travail de la cuisine.

- Lève les yeux ! …Lune ! Il est écrit (Les Sableux sont très très érudits et connaissent tous les dialectes) « sel de mer fin iode, la baleine des salins du midi ! »

-  Mais c’est …bien sûr ! Harpon !

La Fleur

de Sel  c’est donc ça !

Une jeune maman était en train de préparer un plat. Ils grimpèrent, non sans mal, jusqu’au plan de travail, en se hissant sur les bas de contention de la dame… Une fois en haut, ils se cachèrent derrière un coquetier. Sur le côté, ils virent un grand plat où cuisaient des crustacés, une paëlla géante était en train de mijoter.

- psisssssssssssssssssiiiiiiiiiiiii

- aidez-nous…disaient les sèches, moules, crevettes, calamars et autres crustacés…

La femme s’absenta un moment pour aller étendre son linge pendant que son plat continuait de cuire. Harpon tendit le bras pour attraper une crevette qui était en train de devenir toute rose… Lune fit de même pour une petite sèche, mais elle bascula dans le plat et commença à cuire à son tour. Harpon sauta sur une coquille de moule et parvint à extirper Lune (les Gobelins Sableux ne sont d’ailleurs pas comestibles ils sont trop craquants sous la dent…). Sauvée in extremis, Lune eut une super idée. Les deux Gobelins tournèrent le bouton du gaz, pour cela ils durent faire appel à leur force de Super Gobelins mentales car ils étaient véritablement épuisés par leurs aventures. Malgré tout, ils y parvinrent avec succès. Les crustacés sautèrent et s’en allèrent en remerciant les Gobelins. Au passage, ils renversèrent le sel, Harpon et Lune en récoltèrent et rebroussèrent vite chemin avant que la femme ne revienne.

- Petit garnement tu en a profité pour manger tous les crustacés

- C’est pas moi… !

- Et tu mens en plus… !

Les Gobelins qui avaient tout écouté, rirent d’entendre l’enfant qui les avait maltraités se faire disputer à leur place…

Après avoir encore traversé des plages et des plages, vivant d’amour et de Muscat frais, Harpon et Lune au bout d’un mois entier arrivèrent enfin à

la Roche

Submarine

… Les Sableux n’en croyaient pas leur yeux : Lune et Harpon étaient de retour !

- Gob save the Sableux crièrent-ils tous !

Chez eux, la situation était catastrophique, mais Lune et Harpon possédaient désormais

la Fleur

de Sel  qu’ils s’empressèrent de donner au Professeur Sableux afin de constituer l’antidote qui sauverait les Sableux de leur perte.

La Fleur

de Sel  fut jetée dans le puit d’eau du royaume, et l’antidote fut créé et donné à Posekilom, ainsi qu’à tous les Gobelins qui guérirent les uns après les autres. Les Sableux purent revivre sains et saufs. Dès lors, ce fut tous les jours la fête et la prospérité du peuple pouvait recommencer comme aux premiers jours. Lune apprit en même temps qu’elle attendait un miniGob, pour l’occasion, elle se maria avec son petit ami Harpon. On en profita pour danser, chanter et faire très bonne chaire. Harpon, lui, devint également capitaine d’une nouvelle colonie de Gobelins ayant élu domicile au port. Il fut le plus grand navigateurgob de tous les temps et le mari le plus aimant…

On dit aussi qu’une petit fille aurait trouvé non loin de la roche Submarine un coquillage poilu…avec lequel on pouvait entendre non pas la mer mais des conversations Gobelines…

 

Moralité : cherchez cherchez vous trouverez… mais surtout n’oubliez pas, si pendant l’été vous pensez avoir un grain de sable dans l’œil…ne doutez pas…il se peut que ce soit un Gobelin Sableux…alors allez-y délicatement pour l’en sortir…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Gobelins goudronneux

 

 

Il était une fois un peuple de Gobelins dégénérés que l’on appelait les Gobelins goudronneux et non pas Goudronneux avec un grand « G » car ils étaient vraiment petits encore plus petits que petits et surtout tout noirs, uniquement constitués de goudron visqueux et surtout très maléfiques. Ils vivaient dans une traverse d’un ancien chemin de fer désaffecté dite « Traverse du Goud ». Leur règne s’était établi depuis quelques générations à peine lorsque Pomfricador, leur chef, accompagné de ses troupes, avaient anéanti le peuple des Gobelins Savonneux pour prendre leur territoire et développer leur race de Gobelins. Les Gobelins Savonneux avaient été sauvagement assassinés et, les quelques rescapés avaient été réduits à l’état d’esclave. Seulement, lors d’une décision collective du peuple goudronneux, ils avaient été emprisonnés, puis empoisonnés à la crasse. Les Gobelins Savonneux était uniquement constitués de savon (d’ailleurs, ils avaient souvent tendance à glisser) et ne supportaient pas la saleté qui était très présente chez le peuple goudronneux. Les goudronneux étaient vraiment sans scrupules, on dit que leur descendance s’était faite grâce à l’union d’un mauvais Sableux en exil et d’un bout de goudron qui traînait au coin d’une autoroute qui reliait Aix-en-Provence à Marseille. Ce Gobelin aurait donc muté, et s’étant fait prendre en autostop, en catimini, il aurait terminé sa route dans la capitale en procréant et faisant naître les Gobelins goudronneux. Depuis, après avoir évincé les Savonneux, leur peuple s’était étendu aux quatre coin de France : on retrouvait des goudronneux à Marseille (en majorité), à Lille, à Créteil, à Lyon, à Bordeaux, à Tours, à Clermont-Ferrand, à Strasbourg, à Cannes (ils participaient même au festival international du film Gore-Gobelins). Mais, ceux qui vont retenir notre attention sont les goudronneux de la tribu d’origine, qui ont élu domicile rue Malus dans le 5ème arrondissement de Paris. A l’image d’autre race de Gobelins leur survie nécessite une alimentation spécifique, la leur est composée d'un mélange d'hydrocarbures, très visqueuses et de couleur noire, ou parfois, quand la pénurie règne, d’un peu asphalte colorée. Pour cela, les Gobelins goudronneux s’en vont en horde de cent, tous les débuts de chaque mois, en quête d’hydrocarbures issus du pétrole (ils pillent sans aucun remords des pompes à essence notamment chez les ELFS). Etant très méchants et d’esprit belliqueux en vers les autres espèces, les Gobelins goudronneux sont paradoxalement très solidaires entre eux. Leur peuple vivait donc paisiblement depuis quelque temps, quand un beau jour (qui n’était pas si beau que ça) … le doute prit place dans leurs esprits. A leur habitude, ils participaient à de nombreuses guerres afin de toujours conquérir un plus vaste territoire. Leur dévolu s’était alors jeté sur le 13ème arrondissement de Paris avec notamment la place forte du Square René Le Gall. Les Gobelins goudronneux se battaient contre n’importe quel peuple, ils étaient très forts et très craints. Ils attaquaient les Frilpop, les Topaziens, les Fourmiliens, les Dingts, et même un fois ils s’en étaient pris à des sortes d’ogres géants qu’ils avaient largement dominé ! Seulement voilà, cette fois-ci les troupes rentrèrent blessées et décimées, ils avaient essuyé une grande et douloureuse défaite. C’était la première, mais sans doute pas la dernière. Après cet échec, ils en eurent un, puis deux, trois, quatre, cinq, et la liste s’allonge. Malgré tout, leurs armes étaient encore bien redoutables : la catapulte chewing-gum ; les pistolets en allumettes de feu ; les grenades de plombs ; les mitraillettes en clous… De plus, grâce à une mutation génétique, quand un humain, ou un autre être beaucoup plus grand qu’eux leur marchait dessus, les Gobelins goudronneux les piquaient et les brûlaient, ce qui leur permettait de survivre à l’impact du poids ! Mais, le moral n’était plus là. Leur peuple qui vivait entre la dictature positive (si ce terme peut-être employé ?) et la monarchie guerrière, ne savait plus que faire…

Un jour, alors que Pomfricador organisait un rassemblement général de tous les Gobelins goudronneux, un Gobelin témoin prit la parole. Ce Gobelin était le doyen du peuple, il lui manquait une oreille et il était tout rabougri et courbé.

- Sans aucun doute, je sais.

- Ecoutez tous…je crois malheureusement savoir ce qui occulte notre force…et notre supériorité…je voudrais bien me tromper mais …

Le peuple goudronneux l’écoutait avec grande attention et grand respect.

Pomfricador dit :

- Gobelin témoin, la parole est à vous…

- Et bien voilà, il y a déjà une décennie de cela, le dernier survivant des Savonneux avait intenté un sort maléfique avant de mourir… C’était un vieux sage dont personne, à l’époque, n’avait pris les propos au sérieux…

- Continuez Gobelin témoin, continuez… dit Pomfricador.

- Il avait dit que si la race des Savonneux n’était pas recréée dans la décennie à venir, le peuple goudronneux perdrait

la Sfor

(la force du côté goudronneux). Ainsi, le sort est en train de s’accomplir, et si nous ne recréons pas un Savonneux, les goudronneux s’éteindront à jamais.

Le peuple s’affola et la panique générale prit le dessus.

Pomfricador dit d’une grosse voix :

- Rassemblez vos esprits ! Du calme enfin !!!

- Qu’est-ce qui nous dit que ce que vous dites est vrai ?

- Vous n’êtes pas tenu de me croire, mais c’est pourtant la triste vérité. Regardez vos hommes, votre peuple…Tous ces échecs, ces terribles défaites…

Pomfricador demanda qu’on lui prête un Gobphone (un téléphone portable dans le langage des goudronneux). Il parla dans un vieux dialecte des goudronneux.

- Illot (signifie toujours « allo » en Gobelin goudronneux), vi tgyu ji ollpm fricaf nu, nu nolp…

- Illot, ju nhu fricaf nu ???

- Illot…humm…hummm fricaf nu ? oki mol.

Pomfricador fit une triste mine.

- Peuple goudronneux, l’heure est grave, nos colonies de tout le pays sont en train de s’éteindre… Nous avons perdu

la Sfor

- Gobelin témoin, avez-vous une idée ?

- Oui, il faut créer un clone Savonneux pour perpétuer leur race.

- Comment… ?

Le vieux Gobelin consulta son grimoire de poche. Il ajusta ses lunettes.

- Nous avons besoin de trois ingrédients essentiels : du savon sous une forme volante « bibbullus », du savon liquide dit « puss-muss », et du savon solide « sinex ».

- Qu’il en soit ainsi. Hupol ! Trouve trois guerriers ou guerrières pour rassembler les ingrédients substantiels. Troy ! Occupe toi de tout nettoyer pour favoriser un climat propice au Savonneux, et toi Ukri ! Rassemble des troupes pour leur construire un domaine sur un de nos territoires (le plus petit précisa tout de même Pomfricador).

Les goudronneux se mirent tous au travail. Hupol proposa pour la mission trois de ses meilleures guerrières goudronneuses : Théagob (aux cheveux violet) ; Missinda (aux cheveux verts) ; Cykielbi (aux cheveux rouges). Ces drôles de Gobelines acceptèrent avec grand enthousiasme bien qu’un goudronneux idiot, appelé Imbes Ile, se plut à dire :

- Si c’est des Gobelines qui nous sauvent, alors que je glisse comme un Savonneux si elles réussissent !

Personne ne le prit au sérieux.  

 

Les trois guerrières se répartirent les missions, munie chacune d’un Gobphone puissant. D’abord, Théagob se chargerait du savon volant puis, Missinda du savon liquide et enfin, Cykielbi du solide… La quête pouvait alors commencer !

Elles se construire un quartier général en amont de

la Traverse

du Goud avec des petits gravillons. Elles se fixèrent des objectifs succincts, mais le temps pressé… Une à une, elles iraient au devant leur mission, tout en restant en contact pour s’informer.

 

Théagob traça sa route sans réellement savoir où elle allait. Elle était « goblinement » motivée. Si motivée, qu’elle faillit renverser sa gourde d’hydrocarbure, sans laquelle elle aurait du mal à survivre ! Après avoir évité de justesse un scooter dont le conducteur était un peu saoul, elle décida de réfléchir avant tout en s’asseyant sur un petit gravier. Elle en profita pour fumer une rettecigob (« cigarette » en Gobelin). Elle se dit dans sa tête :

- Au moins pour une fois personne ne me dira que « c’est mal » !

Puis, vu qu’elle se mit à tousser, elle décida quand même de l’écraser… Quand, elle eut une idée :

- Le savon volant ! Mais c’est…bien sûr!

Elle se dirigea vers un parc public rempli de petits enfants humains bruyants…

- bibbullus se répétait-elle

Elle regardait de tous côtés mais il y avait trop de monde, et elle était bien trop petite pour avoir une vue d’ensemble. Elle marcha, marcha, marcha, puis escalada un rosier, épine par épine, afin d’en atteindre le sommet assez rapidement. Quand elle fut perchée, elle regardait la vue qui s’offrait à elle. Elle se plaisait à s’imaginer grande, elle voudrait tant être grande elle aussi, mais sa quête pour l’instant ce n’était pas celle-là, elle verrait plus tard. Puis, elle aperçut une humaine qui faisait des bulles de savon avec un étrange accessoire. Théagob arracha une feuille de rosier, elle tira de toutes ses forces et faillit même dégringoler. Une fois qu’elle y fut parvenue, elle s’élança avec la feuille, qui lui servit de parachute. Dès qu’elle atteint le sol, elle se dirigea vers la petite fille. Cette petite idiote n’eut pas eu le temps de laisser arriver Théagob qu’elle lui marcha dessus avec sa sandalette. Théagob fit appel à

la Sfor

et :

- Aïeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee !!! houyeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee ! hurla la petite humaine.

Cette dernière partit en pleurant dans les jupes de sa mère en laissant tomber son savon à bulle, qui finit sa course sur

la Gobeline.

 Théagob

se retrouva toute aplatie dans une grande marre de savon gluant et glissant. Elle se mit à faire des bulles en pestant dans sa barbe …quelques mots incompréhensibles :

- Glouglououou……. Rrrrrrrrrrrr gloutain………

Elle se releva tout de même, du moins elle glissa d’abord une bonne dizaine de fois avant d’y parvenir, elle prit un échantillon de savon à bulle. Puis, le mit dans son baluchon. Avant toutes choses, elle extirpa un morceau d’herbe fine en utilisant encore une fois

la Sfor

qui commençait à lui faire défaut. Elle roula le morceau d’herbe et s’amusa à faire des bulles géantes (tout est relatif bien sûr !). Après avoir tester sa technique, elle prit son Gobphone et appela ses deux collègues Gobelines :

- Missinda ? oki mol

- Cykielbi ? oki mol

Les trois guerrières étaient encore des rares Gobelines qui connaissaient le dialecte goudronneux. Théagob rentra à

la Traverse

du Goud.

 

 Missinda comprit que c’était à son tour d’agir. Elle avait déjà tout analysé. Son but : arriver à se faufiler jusque dans les toilettes d’un bistrot. Par contre, elle ne savait pas comment elle allait y parvenir exactement… Elle longea des trottoirs sinueux…pendant de longues heures…la nuit allait bientôt tomber quand elle croisa un Gobelins goudronneux clochard.

- Alors, Gobeline…on s’promène…

- C’est dangereux la nuit pour une Gobeline seule…

Missinda ne lui répondit pas.

- Tu veux un peu d’hydrocarbure alcoolisé ?? …J’ai attaqué un Sableux et j’lui ai volé son pinard… ?

- T’en veux ?

Missinda lui donna un coup de patte et s’en alla en courant, le Gobelin clochard était si éméché qu’il fut tout de suite assommé et tomba dans un profond sommeil. Missinda courut, courut, courut si vite qu’elle en perdit son souffle et sa gourde d’hydrocarbure. Comme elle commençait à manquer de force, elle collait de plus en plus au sol, et chacun de ses pas était pour elle un véritable calvaire. Mais, elle ne renonça pas. Elle vit une voiture garée de l’autre côté de la rue. Elle se traîna jusqu’à elle, puis se hissa jusqu’au pot d’échappement et rampa jusqu’à atteindre, je ne sais par quel miracle, le réservoir d’essence. Elle put se réalimenter avec du « sans-plomb 2006 » (le luxe pour une Gobeline !). Puis, par malheur, la voiture démarra. Missinda fut projetée sur la route comme une boule de flipper, elle était encore plus noire que noire et n’arrêtait plus de tousser. Mais, dans son malheur, elle vit passer le Gobelin Clochard de tout à l’heure qui avait semblablement reprit ses esprits.

- Alors Gobeline ? Un problème ?

- Laisse-moi tranquille…

- Tu sais j’suis pas méchant, je peux t’aider si tu veux…

- Non merci encore dit Missinda

- Allez…

Il lui tendit la patte. Missinda se releva.

- Ok. Je dois aller dans un bar.

- Dans un bar…hummmmmmmm.

- Oui c’est bien ça dit-elle un peu énervée.

- Rien de plus simple. Tu vois l’attroupement de rats là-bas …

- Non …où ça ?

- Là… lui montra-t-il de la patte.

- Oui ça y est je vois.

- Et bien il suffit de les attraper et de monter sur leur dos, ils t’amèneront directement dans les cuisines de la brasserie d’en face. C’est une brasserie-bar.

- Mais comment …comment parvenir à monter sur le dos d’un rat sans qu’il ne me dévore ?

- La dernière fois je leur ai promis un Gobelin Farineux pour dessert, j’ai tenu parole, et ils m’ont accompagné sans me faire aucun mal.

- Ah bon ? Mais tu faisais quoi au bar ?

- Rien j’ai deux, trois pots qui y traînent des fois.

- Et le Farineux tu l’as tué ?

- Mais non ! J’ai bluffé, mais fais attention depuis les rats sont méfiants envers les goudronneux.

- J’ai mon idée dit-elle

Il repartit en lui faisant un signe de la main et en marmonnant :

- Elle est drôle elle…tuer un Farineux, ils sont tellement narcissiques les Farineux qu’ils se croient encore le seul Gobelins au monde… Ils sont coincés dans leur arbre magique …à la noix…les FAArineux…hahah.

- Aurevoir cria-t-elle !

- Faarineux répétait-il en chœur…

Missinda s’approcha alors des rats, cachée derrière cailloux. Elle prit alors deux, ou trois mèches de ses longs cheveux (les guerrières n’ont peur de rien). Elle le tissa et en confectionna un lasso assez solide. Elle le fit tourbillonner dans l’air et le lança jusqu’à qu’il atteigne le cou d’un rat. Elle invoqua

la Sfor

, mais en vain.

- HiAHHHHHHHHHHHHHH hurla-t-elle

Elle se jeta sur le rat, qui affolé, se mit à courir, elle le guidait avec le lasso qui faisait maintenant office de laisse.

- Au bar !!!!!!! Vermine !

Le rat ne comprenait pas ce qui lui arrivait, il exécuta les ordres. Les autres rats n’avaient rien vu venir non plus. Arrivés dans les cuisines du bar, Missinda sauta et fut précipitée sur un radis. Le rat continua sa course bêtement. Quand soudain, un cuisinier s’exclama :

- Un rat !!!

- Un rat !! Chassons- le !!!

Missinda descendit de son radis, se faufila entre les mouvements d’un couteau, un commis de cuisine éminçait des oignons. Elle se fit alors catapulter par une petite cuillère et atterrit dans une mousse au chocolat qu’un serveur partait amenait à une table. Dès qu’elle fut sur la table, elle réussit à se désembourber de ce dessert sucré pour finir sur une table dont elle se fit glisser…elle finit donc sa course aplatie sur le sol. La femme assise à la table dit soudain :

- Drôle de goût cette mousse au chocolat, Léonard

Elle portait une deuxième bouchée à sa bouche.

- Vraiment, on dirait qu’elle a comment un arrière goût d’essence…

- J’po goûter ? dit son mari.

Il trempa sa cuillère dans la mousse.

- Effectivement…pouahhhhhhhhhhh

Missinda, encore toute aplatie, qui avait entendu les propos, pouffa de rire. Mais ce n’était pas tout ça ! Elle avait du travail ! Par un merveilleux coup du sort, la femme se leva. Missinda s’agrippa à son pied. Comme elle l’avait pressenti, la femme allait en direction des toilettes. Celle-ci descendit un petit escalier, et s’apprêta à ouvrir une porte. A ce moment, Missinda sauta en calculant son saut afin d’atterrir dans le lavabo. Son corps fit une trace noirâtre dans la vasque.

La Gobeline

ne s’en inquiéta pas, elle se hissa grâce à la chaîne qui retenait le déboucheur, et, courut jusqu’au récipient liquide de savon. Elle croisa un cafard.

- Salut Gobeline.

- Décidément, il est vraiment déguelasse cet endroit

- C’est vrai on s’y plait bien !

- Voudrez-tu m’aider à actionner le bouton je dois récupérer du savon liquide.

- Pas de problème Gobeline, je te fais la courte patte.

Missinda sauta sur le bouton pour l’actionner, elle sauta comme sur un trampoline. Puis redescendit.

- Merci, cafard

- De rien, mais je te laisse ! Ca put le « puss-muss »

Le cafard déguerpit. Missinda fit de même après avoir pris un échantillon. Elle entreprit le chemin inverse. Quand la femme se lava les mains, elle sauta sur sa bague, et arrivée à la table, elle attendit que le couple s’en aille pour sauter de la bague, où elle faisait office de véritable pierre précieuse. Quand le couple fut dans la rue, elle s’extirpa. Missinda alla se tapir dans un petit trou contre un vieux mur. Elle prit sont Gobphone :

- Théagob ? oki mol

- Cykielbi ? oki mol

Puis, Missinda rentra à

la  Traverse

du Goud.

 

L’ultime épreuve attendait donc maintenant Cykielbi. Cette dernière était très maligne. A peine vit-elle une bourgeoise dans la rue qu’elle s’élança et se retrouva dans un de ses sacs d’achats. Cykielbi était désormais étouffée dans un sac en plastique entre deux débardeurs, un soutien-gorge et trois culottes. Sur le sac certains pouvaient lire : « Petit Pédalo ». La bourgeoise marchait le long de la rue, puis au bout d’un certain temps, elle sortit des clés de sa poche. Une grande porte s’ouvrit. La femme déposa ses courses sur un canapé. Cykielbi sortit discrètement du sac et se réfugia entre les poils de la moquette. Pendant ce temps, la femme se faisait coulait un bain. Cykielbi lisait souvent « Gobelines Actuelles » ce qui fait qu’elle connaissait bien les habitudes des coquettes. Mais, tout ne fut pas si simple pour

la Gobeline. Elle

entendit :

- Ouaffff, Ouaffff, Ouaffff

- Rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr Ouaffff Ouaffff

La bourgeoise revint aussitôt.

- Choupette…qu’as-tu ? Tu vois bien qu’il n’y a personne.

Elle prit le chien dans ses bras. Cykielbi en profita pour entreprendre sa route jusqu’à la salle de bain. Elle courut tellement vite que son petit cœur battait extrêmement fort, et elle se mit à tousser à cause des acariens qu’elle croisait sur la moquette qui lui obstruaient la route.

- Attention une Gobeline en fuite ! dit un acarien

- Poussez-vous je suis pressée …criait Missinda

Au loin, une autre voix se fit également entendre :

- Oh non ! Mon débardeur blanc a une grosse tâche noire ! Quelle horreur ! hurla la femme qui était toujours dans le salon.

Cykielbi était toujours en train de marchait quand elle atteint enfin la salle d’eau. Elle analysa rapidement tous les produits qui étaient présents : gommage, crème de jour, crème de nuit, lotion de jour, démaquillant…Quelque chose retint alors toute son attention. Il y avait un savon posé sur le rebord de la baignoire. Pour l’atteindre, elle tenta de se coller à la paroi mais elle était trop glissante. Elle ne savait pas comment faire pour y parvenir. La bourgeoise entra pour éteindre le robinet d’eau qui coulait. Elle commença à se coiffer devant le miroir. Cykielbi escalada son mollet en s’agrippant aux poils de ses jambes (la bourgeoise avait vraisemblablement oubliée de s’épiler), arrivée à sa taille,

la Gobeline

se jeta du corps de l’humaine jusqu’à la baignoire, mais malheureusement elle glissa et atterrit dans l’eau savonneuse.

- Au secours, au secours !  criait-elle

Personne ne l’entendait, et l’appel de

la Sfor

ne fonctionnait désormais plus du tout. Cykielbi ne savait pas nager. L’eau commençait à devenir noirâtre, ce qui alerta la bourgeoise. Celle-ci mis sa main dans l’eau du bain. Elle remua et fit des vagues… Cykielbi sombra littéralement au fond de la baignoire. La bourgeoise ouvrit l’évacuation car son eau était trouble. L’eau se vida, pendant ce temps, la femme partit dans une autre pièce. Cykielbi fut attirée et emportée par un immense tourbillon. Mais, par chance, elle resta collée à la paroi, elle avait perdue connaissance. Au bout d’un certain temps, elle rouvrit les yeux. Elle grimpa grâce à un cheveu présent dans la baignoire, et atteint enfin le savon. Elle en prit un échantillon. Dans le savon, il était gravé : « Masavonnette ». Avant toutes choses, elle prit son Gobphone qui malgré l’eau marchait encore :

- Théagob ? oki mol

- Missinda ? oki mol

Cykielbi ne savait plus comment descendre, mais ce qui comptait c’est qu’elle avait réussit le plus dur. Elle fit une sieste sur une éponge qui trônait là. Entre temps, la bourgeoise avait refait couler un bain, s’était prélassée sans se douter qu’une Gobeline habitait son éponge. Avant qu’elle ne sorte de l’eau, Cykielbi s’accrocha à elle et se logea dans le creux de son oreille. Dès le soir même, la bourgeoise se rendit en ville pour un dîner, et

la Gobeline

en profitait pour rentrer à

la Traverse

du Goud par son biais.

 

 Les trois guerrières se retrouvèrent donc au quartier général de

la Traverse

du Goud, et se rendirent ensemble au village centre, munies des trois échantillons. Le peuple était en liesse. Ca y est les goudronneux étaient enfin sauvés, tout allait redevenir comme avant. On fit bonne chair, et on dansa toute la nuit chez les goudronneux. Dès le lendemain matin, Théagob, Missinda et Cykielbi se rendirent sous l’escorte de Pomfricador, d’Hupol et du Gobelin témoin chez le Gobelin scientifique (Dr Gobelin étant le deuxième nom du Gobelin scientifique. Il sortit une grosse éprouvette et y versa les trois échantillons. Rien ne se passa. Au bout d’une heure, il ne se passait toujours rien, pas la moindre réaction. A la surprise générale et surtout face à une grande incompréhension, Pomfricador déclara l’état d’urgence, tous les goudronneux furent d’astreinte… mais il n’y avait plus rien à faire…le peuple goudronneux allait à sa mort. Des Gobelins goudronneux se mirent à boire, d’autres à pleurer, quand un beau jour le « Gobelin Propre », qui revenait d’un voyage du sud de

la France

, un des seuls Gobelins goudronneux à se laver encore, demanda des explications à Pomfricador sur le futur sort des goudronneux. Il tint à peu près ce langage :

- Un ancêtre Savonneux nous a jeté un sort, trois guerrières sont parties en mission…en vain. Nous ne sommes pas en mesure de créer le clone savonneux ce qui veut dire que sans

la Sfor

nous mourront tous affaiblis.

- Mais on m’a dit que le Gobelin témoin vous avez bien donné la composition du clone ?

- Oui, mais nous avons réuni les trois ingrédients essentiels : du savon sous une forme volante « bibbullus », du savon liquide dit « puss-muss », et du savon solide « sinex » et cela ne marche pas.

- Faites-moi voir ces ingrédients je dois bien être le seul goudronneux à en connaître la composition…

- Ils sont chez le Gobelin scientifique, allons-y donc…si vous y tenez.

Ils partirent tous deux chez le goudronneux scientifique qui montra les échantillons au « Gobelin Propre ».

-  Voilà, du « bibbullus », du « puss-muss », et du savon solide « sinex ».

- Ah non ! fit le Gobelin Propre.

- Quoi non ? dirent Pomfricador et le goudronneux scientifique en même temps.

- Ca… Ce n’est pas du « sinex » mais du « masavonette »…

- Ah bon ? Quelle est la différence ? dit Pomfricador

- Suis-je bête ! dit le goudronneux scientifique, le « sinex » n’a pas le même PH, voilà la différence, c’est toute la différence !

- Il faut renvoyer les guerrières en mission.

Pomfricador prit alors son Gobphone :

- Illot Théagob, Missinda, Cykielbi ! gghjh jutyf llol pomlite ffa s , oki mol ?

-  oki mol !

Les guerrières acourèrent de nulle part.

- Trouvez du « sinex » et vite !

- Oh…mais ce ne sera pas la peine …j’en ai toujours sur moi dit le Gobelin Propre.

- 

- Excusez-moi, mais… je crois que ma gourde est vide…

- 

- Quelques gouttes suffisent ! dit le Gobelin scientifique.

Le Gobelin Propre tendit sa gourde à Cykielbi qui la tendit au Gobelin scientifique. Il refit le mélange dans l’éprouvette et une grande et merveilleuse lumière blanche vint éblouir tous les Gobelins goudronneux. L’éblouissement fut tel qu’une forme peu distincte se modelait devant eux…une sorte de « Goblinisation Savonneuse » instantanée… Des bulles se formaient de tous côtés, on entendait comme un « glouglou » permanent…Ca sentait une odeur nauséabonde de savon et de propreté dans tout

la Traverse. Quand

soudain, une voix féminine très sensuelle et mystique se fit entendre…

- Amis goudronneux, vous avez recrée le clone Savonneux, je vous en félicite…mais pour que nous puissions nous développer et que mes pouvoirs « d’expansion des générations suivantes » fonctionne vous devez trouvez le mot secret…et donner au mois trois éléments de la formule d’une composition savonneuse.

- Quel mot secret ? dit Théagob

- Nous n’étions pas au courant ! Quelle composition savonneuse fit Missinda excédée.

- « y kilop fratertempum » (signifiant approximativement « si vous avez l’âme de

la Fraternité

attendez un instant que je me souvienne» en langage Gobelin) dit Cykielbi.

- « DERMO - PRO – TECTEUR » prononça Cykielbi d’un ton assuré.

- Et pour la formule… « hypoallergénique »…euh non c’est pas ça, c’est …

- 

- Aqua, sodium, alpha-isomethyl…cacamidopropyl betaine, cocoate, glutamate…

 

La lumière devint alors arc-en-ciel, les goudronneux se rassemblèrent en cercle tout autour, le cœur serré, ils arrivèrent de toutes part, dont Imbes Ile qui finit sa course en glissant. Ils se mirent tous à genoux devant

la Savonneuse

qui s’offrait enfin à leur vue. Tout le peuple était donc prosterné et en admiration devant ce phénomène étrange.

- Bonjour…je suis Salave, Gobeline Savonneuse

- Bonjour Reine Savonneuse, venez découvrir votre Royaume…lui dit Pomfricador en lui tendant son bras (qu’il avait précautionneusement décrassé).

Il l’accompagna dans le domaine que les goudronneux avaient préparé. Tout un cortège de Gobelin suivit. Salave se mit à chanter dans une langue inconnue de tous :

« Jlhjdqg hkhdkjqhdkhd dqhdhqd lalllalalaallalalaal… »

Peu à peu le peuple Savonneux (qui s’alimentait uniquement d’eau très propre ou savonneuse) se reconstruisit. Les Goudronneux se firent pardonner leur excès belliqueux. Savonneux et Goudronneux déclarèrent l’état de pacification… Mais, une question subsistait : comment Cykielbi pouvait-elle connaître le mot magique et la formule ? « Facile » avait-elle dit…elle s’y connaissait bien et elle avait tellement vu de produits de beauté et autres produits « savonneux » dans la salle de bain de la bourgeoise… Cykielbi était une des rares Gobelines à savoir lire parfaitement la langue française… Le Gobelin scientifique en fut si impressionné qu’il la demanda en mariage sur le champ… (Bien sûr elle dit « non » car une guerrière, même coquette, ne se marie pas !).

Tous vécurent donc ensemble en paix et heureux. Si bien qu’un jour naquit un petit être, un Gobelin étrange, tout noir et glissant à la fois, mi-goudronneux, mi-savonneux, un gobelin Sadronneux se nourrissant essentiellement … d’hydrocarbures, d’eau poisseuse et polluée, peut-être bien le seul Gobelin à pouvoir vivre sans aucun souci… pour le reste de l’éternité…

 

Moralité : Euh… ? C’est clair, non ?

 

 

Texte Intégral : Michaëla Degui ©2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Posté par michaelaD à 16:13 - ECRITURE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=300081&pid=5039196

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :